«

»

Déc 02 2014

Compte-rendu du RED de Flayosc sur l’emploi et l’artisanat

Vous étiez nombreux à participer le 9 octobre 2014 à Flayosc à la Rencontre des Entrepreneurs en Dracénie (RED) sur le thème de l’emploi et de l’artisanat. L’ensemble des membres du Bureau du CLED vous remercie de votre présence ainsi que la Mairie de Flayosc, co-organisatrice de l’évènement. Vous retrouverez ci-dessous un résumé des principaux points abordés lors de cette rencontre.

Présentation par Philippe Marquié, Président du LeCLED

DSC_2292

Philippe Marquié, Président du CLED

Après accueil du public et remerciements d’usage, Philippe Marquié a rappelé la raison d’être du Club : susciter une réflexion collective, rompre l’isolement des entreprises locales, promouvoir les savoir-faire et créer une vraie coordination entre les entreprises de la Dracénie.

 

 

 

 

 

Introduction par Fabien Matras, Maire de Flayosc

Fabrien Matras, Maire de Flayosc et Philippe Marquié

Fabrien Matras, Maire de Flayosc et Philippe Marquié

Fabien Matras souligne l’importance du rôle d’un Club tel que le CLED notamment pour les raisons évoquées par M. Marquié mais également pour la création de proximité avec les élus notamment dans le cadre de manifestations comme les RED. L’artisanat est un gage de qualité, de polyvalence et de proximité sur lequel « les politiques » doivent s’appuyer afin de préserver notre tissu économique local et proposer une gamme de produits de qualité sur notre territoire. L’artisanat réalise 270 milliards de chiffre d’affaire en France et l’immense majorité des PME sont des entreprises artisanales. 32 232 emplois sont pourvus par les seules TPE. Lorsqu’on sait que la Dracénie compte 12,4% de chômeurs, un des taux les plus élevé du Var et que les TPE et PME représentent une moyenne de 50% des emplois, il est impératif de soutenir la création et le développement de ces dernières en parallèle d’autres projets économiques de plus grande ampleur, « le dynamisme appelant le dynamisme ». Est rappelé pour finir l’importance de faciliter les démarches administratives pour les entreprises avec comme exemple sur la Communauté d’Agglomération Dracénoise (CAD) le portail d’accès aux marchés publics en ligne accompagné prochainement d’un coffre-fort permettant de ne pas avoir à renvoyer toutes les pièces administratives lors de réponses à de nouveaux appels d’offre.

 

Présentation des actions de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat (CMA) et état des lieux de l’artisanat par Farah Sussmuth, responsable d’antenne de la CMA du Var

DSC_2304

Farah Sussmuth, Responsable d’antenne de la CMA du Var

L’artisanat représente en Dracénie 8649 établissements, toutes tailles confondues. Le bâtiment est le principal créateur d’emploi dans l’artisanat en Dracénie, suivi du secteur des services (coiffure, fleuriste, métiers des services à la personne), les métiers alimentaires et la production (métalurgie…). 5142 postes de salariés, 53% de part de marché (création d’actifs) contre 38% à titre d’exemple dans le bassin toulonnais. Les établissements dépendant de la CMA sont principalement les métiers manuels. Les Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI) concernent plutôt les entreprises travaillant sur l’acte de vente et les entreprises de plus de 10 salariés quels que soient leurs secteurs d’activité. Exercer le métier d’artisan peut nécessiter pour certaines activités réglementées d’être qualifié (3 ans d’expérience minimum ou diplôme adéquat). L’offre de service de la CMA est d’accompagner les porteurs de projets avant leur création d’entreprise et les artisans immatriculés au registre des métiers via par exemple la mise en contact avec des experts comptables, des avocats (sur la Valette pour le moment et prochainement sur Draguignan), etc. Avec la loi Pinel, les créateurs d’entreprise sont obligés de suivre un stage de 30 heures, y compris les auto-entrepreneurs (sur la Valette, Draguignan, St Maximin et prochainement sur Fréjus) sauf dérogation comme par exemple être titulaire d’un Bac+2 en comptabilité / gestion / commerce. Un accompagnement est également proposé aux entreprises déjà créées, qu’elles soient en difficulté ou pour leur développement. En savoir plus : site web de la CMA du Var.

Questions/Réponses :
Q : Vers qui doit se diriger l’entreprise qui fait de la prestation de service (moins de 10 salariés) ?
R : Vers la CMA s’il s’agit de prestation de service à caractère manuel, vers la CCI pour les prestations à caractère intellectuel.
Q : Quels sont les principaux avantages d’embaucher un apprenti ?
R : Des réductions de salaire en fonction de l’âge de l’apprenti, possibilité de crédit d’impôts (attention, possible maintenant que sur la première année et non plus sur les 3 années d’embauche).

 

Etat de l’emploi en Dracénie par M. Eric Chrétien, Responsable d’Equipe au Pôle Emploi de Draguignan

DSC_2311

Eric Chrétin, Responsable d’équipe – Pôle Emploi Draguignan

46 conseillers travaillent au pôle emploi de Draguignan. Sont inscrites 6 000 personnes sans emploi ou avec une activité inférieure à 78 heures/mois. Une personne sur 5 est inscrite de longue durée (plus de 24 mois), soit plus de 21% d’augmentation en un an. Les jeunes de moins de 25 ans, soit 14 % de la population inscrite, ont vu baisser leur taux de plus de 13% en un an. Les seniors représentent 27% des personnes inscrites, soit +9% en un an. Ces chiffres ne sont pas spécifiques au territoire de Draguignan mais doivent évidemment nous alerter. 57% des personnes sont indemnisées et 10% bénéficient de minimaux sociaux (RSA…). On entend souvent parler d’offres d’emplois qui restent insatisfaites mais il faut savoir que 4 personnes sur 10 se retrouvent dans les 15 métiers les plus recherchés (sur 500 métiers codifiés) comme l’aide à domicile, le secrétariat, la vente, le nettoyage des locaux, le bâtiment, métiers de la bouche… avec donc à l’inverse de grandes difficultés pour ces personnes à trouver un emploi de par la concentration des demandes dans ces secteurs d’activité. La Dracénie compte 2700 entreprises de plus d’un salarié et 13 000 entreprises de 0 salariés. 5 secteurs d’activité représentent 80% des DPAE – déclarations préalable à l’embauche – (intérim, restauration, santé/action sociale/aide à la personne, commerce et secteur associatif). L’artisanat représente moins de 7% des DPAE.
Les missions de pôle emploi sont d’indemniser les demandeurs d’emploi, d’accompagner jusqu’au retour à l’emploi et aider les entreprises dans leur recrutement. Pôle emploi facile les moyens de recrutement des entreprises notamment via le web avec un portail disponible 24/24 et permettant dans certains cas (besoin d’un « extra » en urgence…) d’identifier et recruter une personne très rapidement. Les entreprises peuvent déposer leurs offres d’emploi de diverses manières (courrier, web, fax, téléphone…), qui seront alors diffusées via le web. Les annonces peuvent être anonymes (filtrage via pôle emploi) ou pas (contact direct de l’entreprise). Lors du dépôt, des profils peuvent être automatiquement et immédiatement proposés. Un système d’alerte permet également d’être informé lors de dépôt de profils intéressants dans votre secteur d’activité. Dans le cas de l’identification d’un profil intéressant mais pour lequel manquerait une qualification très précise, pôle emploi peut mettre en place et financer une formation pouvant aller jusqu’à 400 heures, à condition de s’engager à embaucher la personne.

Questions/Réponses :
Q : A l’écoute des chiffres annoncés, soit 28% des inscrits, est-ce que l’intérim est devenu un secteur d’activité à part entière ?!
R : Oui et non. L’intérim est transverse et répond à de nombreuses demandes d’embauches très ponctuelles, avec une certaine souplesse pour les entreprises.

 

Le risque en entreprise comme outil de gestion du bien-être et de la performance par Karine Alster, formatrice pour Agir Prévention.

Karine Alster, consultante/formatrice pour Agir Prévention

Karine Alster, consultante/formatrice pour Agir Prévention

La gestion des risques professionnels est vécue par les chefs d’entreprises comme une contrainte complémentaire alors qu’elle peut-être une opportunité. Le code du travail impose un document unique répertoriant les risques professionnels. C’est le premier document demandé en cas d’accident de travail et son absence peut avoir des conséquences importantes pour l’entreprise. L’employeur a pour obligation de s’assurer de la santé, physique et mentale, de ses salariés. A noter que ce deuxième point pourtant très important n’a été rajouté que récemment au code du travail. Ces impératifs s’imposent pour les chefs d’entreprise qui disposent au moins d’un salarié. Pour la création de ce document unique, il est évidemment nécessaire de commencer par évaluer les risques. Cette évaluation n’est par ailleurs pas uniquement nécessaire pour ce document, elle permet d’une part de préserver la santé de la ressource humaine, donc baisser les accidents du travail, d’autre part, et c’est lié, d’améliorer la performance de l’entreprise en limitant le turn-over et les problèmes de recrutement. Ainsi, il peut être intéressant pour l’entreprise d’aller sur ces sujets au-delà de ce que peut imposer la loi, qu’il s’agisse d’améliorer les conditions de travail mais également indirectement les relations avec ses clients. Phase suivante, la mise en place d’actions de prévention : d’un point de vue organisationnel (rythmes, horaires,…), technique (matériel et moyens donnés aux salariés pour travailler) et humain (formation adéquate). La création du document unique et la prévention des risques se fait en concertation avec les l’ensemble des acteurs de l’entreprise. A noter depuis 2012, pour les entreprises de plus de 50 salariés, l’obligation de nommer une personne responsable de la prévention des risques. Pour finir, notons qu’une étude publiée par l’AISS (Association Internationale de la Sécurité Sociale) en 2011 et intitulée « Rendement de la prévention : calcul du ratio coût-bénéfices de l’investissement dans la sécurité et la santé en entreprise » indique qu’un euro investi dans la prévention chaque année par salarié permet d’espérer un retour potentiel de 2,20 € (télécharger l’étude en français). Un argument de plus pour inciter un peu plus de manière volontaire et non sous pression de la loi à mettre en place sa politique de gestion des risques.
Lien utile : site de l’INRS qui présente l’ensemble des risques pouvant être rencontrés en entreprise.

Questions/Réponses :
Q : Quid des personnes travaillant en France mais non immatriculées en France (entreprises étrangères)?
R : Elles ne sont pas soumises à cette réglementation sauf si ces entreprises sont sous-traitantes d’une entreprise française. Evidemment, une entreprise française employant une personne étrangère doit la déclarer à la DIRECCTE et donc dépendre des lois françaises (durée du temps de travail, SMIC, etc.).

Remarque : les propos relatés ci-dessus ont été repris ici avec un maximum de neutralité et n’engagent que leurs auteurs.